Actor Ismail Enver

Ismail Enver

1881 - 1922
Ismail Enver, connu par les Européens pendant sa carrière politique sous les noms d'Enver Pacha (turc : Enver Paşa ) ou Enver Bey, était un officier militaire et l'un des chefs de la révolution Jeunes-Turcs. Persuadé qu'il aurait un grand avenir, il engage l'Empire ottoman dans le camp des puissances centrales durant la Première Guerre mondiale. L'Allemagne avait tellement confiance en lui que les autorités allemandes parlent d'Enverland pour désigner la Turquie. C'était sa guerre, une guerre qui lui permettrait de devenir le chef incontestable et incontesté de l'Empire ottoman, et de pouvoir mettre en œuvre ses idées panturquistes. Il transforme le Sultan Mehmed V, vieux et craintif de subir le sort de ses deux frères préalablement détrônés et emprisonnés, en un chef d'État qui n'a aucun pouvoir réel et qui signe tout ce qu'on lui envoie sans poser la moindre question. À ce point que Mehmed V n'était même pas au courant que son État allait entrer en guerre aux côtés de l'Allemagne. Il dirige personnellement la bataille de Sarıkamış en décembre 1914 contre les Russes. Cette opération est un désastre stratégique. L'armée est ensevelie sous les neiges en janvier 1915 et la plupart de ses 90 000 hommes sont tués, non pas en raison des affrontements mais du froid. Il sauve sa propre vie de justesse et ne participe plus à aucune opération militaire. De peur de briser le moral national, une censure sévère est appliquée sur cette page sombre de l'Histoire dont les détails n'ont été divulgués que des années plus tard. En avril 1915, en pleine guerre, il donna l'autorisation à Talaat Pacha, le ministre de l'intérieur, d'organiser la déportation des Arméniens ottomans, qui se solda par le premier génocide du xxe siècle. Il démissionne et s'enfuit le 2 novembre 1918 pour l'Allemagne puis en Asie centrale quelques jours après la victoire des Alliés en 1918 et avant la signature de l'armistice de Moudros le 30 octobre 1918, à bord d'un sous-marin allemand. Les trois pachas s'enfuient et un tribunal d'Istanbul les condamne à mort pour leur participation au génocide arménien, mais les autorités ne feront rien pour les retrouver. Les circonstances de sa mort ne sont pas très claires. Selon certains, désespéré, abandonné de tous, il monta sur son cheval Derviche, en grande tenue, et décida de charger seul un bataillon de l'armée rouge, à la suite de l'assaut donné contre le village de Chagan, son dernier repaire. Près de Baldzhuan au Tadjikistan, il s'élança à travers la plaine vers les fantassins russes et le commandant du bataillon, l'Arménien Hagop Melkoumyan, donne l'ordre de tirer sur lui. Il est tué le 4 août 1922, après sa mort, le bataillon soviétique poursuit sa route comme si rien ne s'était passé. Au printemps suivant les Russes découvrent son corps couché dans la steppe. Son uniforme de général et ses décorations ont permis de l'identifier, sa poitrine était percée de sept balles3.